L’an deux mil dix-sept et le quatorze décembre, dès neuf heures au sein du campus de l’Université de Yaoundé I, dans l’amphithéâtre N° 7 du Nouveau Bloc Pédagogique (NBP7) de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines (FALSH), s’est tenue une Open Conference (OPECON YAOUNDE 2017) dans le cadre du lancement du calendrier scientifique de l’année académique 2017/2018 du Laboratoire camerounais d’études et de recherches sur les sociétés contemporaines (CERESC). Cette conférence, organisée sous le patronage du Doyen de la FALSH, le Professeur Lucien AYISSI et la participation spéciale du Président de l’Association pour la Promotion d’Open science en Haïti et en Afrique (APSOHA) avait pour thème : « Les défis de la recherche scientifique au Cameroun à l’ère des TICs : réflexion sur les perspectives Open » et pour objectif de contribuer à accroître les possibilités de diffusion, d’accès aux données et résultats de la production scientifique nationale et internationale, ainsi qu’à l’éducation à travers une mise en valeur des techniques de l’information et de la communication. Cet évènement, une première dans une Université d’État au Cameroun, a drainé une participation massive des étudiants en cycle de recherche (Master et Doctorat) toutes disciplines confondues et dont les acquis apporteront une valeur ajoutée à leur formation en accroissant, entre autres, la visibilité de leurs travaux scientifiques.
Le programme de cette conférence, subdivisé en deux principales articulations, prévoyait : un panel d’ouverture avec le propos introductif du Directeur Exécutif du CERESC, hôte de la cérémonie, de la présentation de l’Open Science par le Président de l’APSOHA, Thomas Hervé Mboa Nkoudou, du mot du Chef de département de Sociologie, Professeur Jean Nzhie Engono et du discours inaugural du Doyen de la FALSH, Professeur Lucien Ayissi. Des communications d’experts et d’éminents chercheurs dans différents domaines en lien avec les technologies numériques et la diffusion des savoirs (INS, IFORD, AUF, OHADA, APSOHA, SIL-Cameroun) sans oublier les partenaires (institutionnel et privé) à cet évènement (OpenCon International, Madame Prudence Nkolo). Ce propos fait l’économie des activités de cette conférence.
Le XXIe siècle a plus que jamais connu une accélération des échanges sur tous les plans de la vie sociale au niveau international. Grâce aux prouesses des Technologies Numériques de l’Information et de la Communication (TNIC), les échanges d’informations ont atteint leur vitesse de croisière. Cette dynamique n’a pas épargné le domaine de la recherche scientifique. Plus que jamais, les paradigmes de la production et de la vulgarisation des savoirs connaissent une révolution épistémique sans précédent avec les perspectives d’Open Science. C’est fort de ce constat que la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaine (FALSH) s’est engagée à soutenir vivement l’initiative du CERESC à mener une réflexion sur les perspectives OPEN, qui contribueront fortement à l’avancée de la recherche dans ladite institution et assurément à l’Université de Yaoundé I et dans toutes les institutions académiques et scientifiques du Cameroun (Lucien AYISSI, 2017). L’Open Science se présente comme la pratique de la science qui rend possible la collaboration et la contribution des autres et où les données de la recherche, les expériences de laboratoires et autres processus de recherche sont librement disponibles, accessibles en des termes qui autorisent leur réutilisation, redistribution et reproduction dans la recherche et ses méthodes. Ce qui constitue une opportunité pour les Universités et Centres de recherche dans les pays en développement. La réflexion sur les perspectives Open s’inscrit ainsi dans la dynamique de la gouvernance universitaire avec pour objectif de relever les défis qui endiguent le développement de la recherche scientifique au Cameroun dans un contexte où la recherche fait face aux défis de l’excellence scientifique (Ela, 2007).
La conférence inaugurale faite par le Pr. Honoré Mimche (IFORD) avait pour thème : « La recherche en sciences sociales et humaines (RSHS) à l’heure des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) en Afrique : opportunités et menaces ». Pour lui, l’histoire des RSHS a toujours été influencée par des changements sociaux, historiques, scientifiques et techniques. Elle l’est davantage en cette période de l’histoire avec la venue des NTIC. Celles-ci présentent des opportunités et des menaces pour la science. Opportunités dans le sens où elles permettent l’accès aux bibliothèques virtuelles, à la restriction des mobilités internationales liées à la quête de la connaissance, les formations à distance, les opportunités de publications et de valorisation des résultats de la recherche, des possibilités de travail à distance, participation aux forums scientifiques… Mais aussi une menace dans la mesure où elles présentent le risque de création de nouvelles inégalités scientifiques liées à la faible numérisation des pays africains.
La communication de Sophie Madiba Diboundje (OHADA) sur « Libre accès et la place des bibliothèques » a ressorti les rôles traditionnel et postmoderne des bibliothèques et des éditeurs et la Société Internationale de Linguistique (SIL Cameroun), représentée par M. Matthew Lee, a présenté son projet de production et d’archivage des données numériques au Cameroun. M. Roger Kegne de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) a organisé un atelier sur la méthodologie de la recherche documentaire en six étapes que sont : cerner le sujet, rechercher les sources, évaluer l’information, extraire l’information, traiter l’information et citer les sources. Il a également présenté certains moteurs de recherches et leurs fonctionnalités. Enfin, M. Lacgni Dendi Carlos a présenté la plateforme de diffusion des données statistiques de l’Institut National de la Statistique (INS). Le projet d’une bibliothèque virtuelle des thèses et mémoires (Thémérathèque), de Prudence Nkolo, coordonnatrice d’Open Access au Cameroun a suscité un grand intérêt auprès de l’audience.
En fin de compte, les perspectives Open(open access, open data, open education, open science…)constituent un univers d’accélération de la recherche au Cameroun et en Afrique et une plateforme d’opportunités immenses (Thomas Hervé Mboa Nkoudou, 2017). Il est donc crucial que la recherche scientifique au Cameroun se les approprie si elle veut accélérer sa production et la vulgarisation des savoirs. L’Université, plus que toute autre institution, doit être le creuset de cette nouvelle dynamique et assumer ainsi son rôle d’aiguillon et d’éclaireur pour dire à la société : ici est le chemin !
C’est dans cette perspective que le CERESC, dans sa tradition d’hospitalité et de partage scientifique (Leka Essomba, 2017) a inscrit les travaux de cette journée de réflexion. Car, si le CERESC se veut être ce « four dans lequel cuit le pain intellectuel » (Ela, 2001) dont a besoin notre société, il ambitionne aussi être un catalyseur des sauts qualitatifs qu’impose la marche de nos universités vers la modernité et surtout ce « bosquet initiatique » où se prépare la nouvelle génération de chercheurs à partir de l’Open Science qu’elle promeut.

3 Replies to “L’Université de Yaoundé I face aux défis de la recherche scientifique à l’ère des TIC : réflexion sur les perspectives « Open »”

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